Steel Dome : la Turquie déploie une architecture nationale intégrée de défense aérienne multicouche

La Turquie franchit une étape dans la défense aérienne avec Steel Dome (Çelik Kubbe), désormais présenté comme une architecture nationale intégrée plutôt qu’un simple programme de systèmes d’armes. Conçu comme un véritable système de systèmes, Steel Dome combine radars longue portée, capteurs électro-optiques, centres de commandement-contrôle dopés à l’intelligence artificielle et une panoplie d’effecteurs couvrant la très courte à la longue portée.

Aselsan en est le maître d’œuvre et intégrateur principal, structurant l’architecture autour de trois piliers : capteurs, C2 et effecteurs (missiles Siper et Hisar, systèmes Korkut et Gürz, Sungur, capacités de guerre électronique et armes à énergie dirigée). L’ensemble est interconnecté via le réseau radio tactique chiffré TURAN, chargé d’assurer la continuité des communications et la génération d’une situation aérienne reconnue commune.

Le projet est officiellement lancé en 2024, avec une montée en puissance rapide. Le 27 août 2025, 47 premiers systèmes majeurs – dont une batterie Siper, trois batteries Hisar, des moyens de guerre électronique et des radars ALP 100-G et 300-G – entrent dans l’inventaire. Un contrat de 6,5 milliards de dollars est signé en novembre 2025 pour de nouveaux systèmes. Lors de l’exercice EFES 2026, Steel Dome est pour la première fois déployé comme architecture intégrée à l’échelle d’un théâtre, illustrant le passage à un bouclier aérien national destiné à protéger l’ensemble du territoire et ses infrastructures critiques.