Le Pentagone a signé un accord-cadre de sept ans avec Boeing pour tripler la production de seekers destinés au missile Patriot Advanced Capability-3 Missile Segment Enhancement (PAC-3 MSE). Cette décision marque un virage dans la gestion des achats de défense, en engageant directement Boeing, sous-traitant clé, sans passer par Lockheed Martin, maître d’œuvre principal du PAC-3 MSE.
Parallèlement, un accord distinct avec Lockheed Martin vise à plus que tripler la production des missiles complets PAC-3 MSE. Cette approche s’inscrit dans la nouvelle stratégie d’acquisition du Pentagone, qui privilégie des signaux de demande à long terme pour les fournisseurs de niveau inférieur, favorisant ainsi les investissements en capacité. « Pour bâtir un véritable Arsenal de la Liberté, nous devons renforcer chaque maillon de la chaîne », a déclaré Michael Duffey, sous-secrétaire à l’Acquisition et au Maintien en Service. « Nous dépassons l’ancien modèle pour forger des partenariats directs avec les fournisseurs critiques. »
Boeing fabrique ces seekers, composants assurant la guidage actif, dans son usine de Huntsville, Alabama. L’entreprise a investi plus de 200 millions de dollars depuis 2024 pour étendre ses installations de 35 000 pieds carrés, avec une croissance des livraisons de plus de 30 % en 2025. Au Salon du Bourget en juin 2025, Lockheed Martin avait identifié ce sous-système comme principal goulet d’étranglement pour atteindre 650 missiles par an d’ici 2027.
La montée en cadence débutera immédiatement, avec un contrat pluriannuel formel prévu fin 2026. Cette urgence répond à une consommation élevée, comme lors de l’opération Epic Fury où plus de 1 800 intercepteurs Patriot ont été tirés en 16 jours, dépassant la production de 600 PAC-3 MSE en 2025.