Les autorités chinoises ont déjà utilisé par le passé les livraisons d’Airbus comme levier de négociation, en ralentissant des A320 afin de pousser à une accélération de la certification européenne du moyen-courrier COMAC C919. Cet épisode illustre la dimension géopolitique des relations aéronautiques entre Pékin, Bruxelles et le constructeur européen.
À ce stade, aucun élément factuel récent ne confirme un nouveau blocage de livraisons d’Airbus par la Chine spécifiquement lié au dossier C919. Les livraisons d’Airbus restent cruciales pour répondre à la forte demande des compagnies chinoises, tandis que Pékin poursuit en parallèle la montée en puissance de son avionneur national.
Le C919, concurrent direct des Airbus A320 et Boeing 737, n’est aujourd’hui certifié que par l’autorité chinoise, ce qui limite son exploitation principalement au marché domestique. La demande de validation auprès de l’EASA a été déposée en 2019, la coopération technique ayant repris après la pandémie. Des vols d’essais avec les pilotes d’essai européens ont été conduits à Shanghai début 2026.
L’EASA indique que la certification ne pourra pas intervenir avant trois à six ans, repoussant l’échéance vers la fin de la décennie. COMAC revendique plus de 1 000 commandes et une montée en cadence progressive, malgré des goulots d’étranglement industriels et une forte dépendance à des fournisseurs étrangers pour les moteurs et l’avionique.