Le slogan « Mars to Titan » s’impose progressivement dans une partie de la communauté spatiale comme prolongement de la séquence institutionnelle « Moon to Mars ». L’initiative Explore Titan propose de capitaliser sur les technologies développées pour les missions habitées martiennes – habitats, systèmes de support-vie, propulsion avancée – afin d’ouvrir, à plus long terme, une trajectoire vers Titan, principale lune de Saturne.
Cette dynamique repose sur une littérature récente consacrée à la propulsion nucléaire. Des travaux recensent les performances de systèmes de fission et de concepts comme la propulsion nucléaire thermique, la propulsion nucléaire électrique, le moteur VASIMR ou le Direct Fusion Drive. Une architecture optimisée ramènerait un transit habité vers Titan à environ 149 jours, contre plusieurs années pour des missions chimiques classiques, réduisant l’exposition aux radiations et aux effets de la microgravité.
Sur le plan scientifique, Titan présente une atmosphère dense, une gravité modérée, une protection naturelle contre les radiations et des ressources abondantes en glaces d’eau et hydrocarbures, avec des lacs et mers de méthane et d’éthane liquides en surface. La mission Dragonfly, rotorcraft de la NASA dont le lancement n’est pas prévu avant juillet 2028 pour une arrivée vers 2034, constitue la brique robotique préalable. Parallèlement, le Humans to Titan Summit 2026 doit préciser objectifs, architectures et prérequis technologiques d’un éventuel cheminement humain vers Titan.